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Lauréats 2014

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Professor Brett ThombsBrett Thombs

Changer les mentalités et les paradigmes de recherche

« Âé¶ą´«Ă˝ÍřŐľ occupe une place vraiment particulière pour moi. J’y ai Ă©normĂ©ment bĂ©nĂ©ficiĂ© de la communautĂ© dynamique et de calibre mondial de chercheuses et chercheurs qui s’est rĂ©unie Ă  MontrĂ©al, alors mĂŞme le fait d’être considĂ©rĂ© pour le Prix du recteur Ă©tait dĂ©jĂ  un grand honneur », dĂ©clare le chercheur Brett Thombs. « [Le Prix du recteur] reflète Ă©normĂ©ment de travail acharnĂ© et les efforts de l’ensemble de notre Ă©quipe de recherche au cours des dernières annĂ©es. »

Originaire des États-Unis, Brett Thombs a trouvĂ© son « chez-soi » en recherche Ă  Âé¶ą´«Ă˝ÍřŐľ en 2006. Depuis son arrivĂ©e, il concentre son regard de chercheur sur la psychologie de la santĂ© comportementale en milieu mĂ©dical, notamment sur la manière dont les patientes et patients vivent la maladie et sur l’identification de moyens d’amĂ©liorer les pratiques de communication et de dĂ©claration en mĂ©decine. Chercheur principal (Senior Investigator) au Lady Davis Institute for Medical Research de l’HĂ´pital gĂ©nĂ©ral juif depuis 2011, Thombs est Ă©galement William Dawson Scholar et professeur agrĂ©gĂ© au DĂ©partement de psychiatrie.

N’hésitant pas à souligner les lacunes des pratiques de recherche lorsqu’il les observe, Thombs est un ardent défenseur d’une meilleure déclaration des conflits d’intérêts en recherche médicale, ainsi que d’une plus grande transparence concernant le financement industriel ou les liens avec l’industrie pharmaceutique dans les essais cliniques.

Lui et son équipe du Lady Davis Institute se penchent désormais sur un problème encore largement « non diagnostiqué » dans la recherche en santé mentale. « L’un des défis les plus pressants à venir pour mon équipe et moi est de travailler à l’élaboration d’un cadre conceptuel et à l’obtention de financement pour un centre de recherche consacré au problème du surdiagnostic en santé mentale », explique-t-il.

Les travaux de Thombs ont montré que, d’une part, il existe un problème de surdiagnostic des troubles de santé mentale en milieu médical, où des personnes qui ne répondent pas aux critères diagnostiques d’un trouble mental, comme le trouble bipolaire, reçoivent néanmoins un diagnostic et un traitement. D’autre part, de nombreuses personnes qui répondraient aux critères diagnostiques d’un trouble n’ont jamais été diagnostiquées et vivent sans traitement, ce qui mène à ce qui pourrait être décrit comme une culture de « diagnostic incohérent ».

« En santĂ© mentale, le problème du surdiagnostic a Ă©tĂ© largement ignorĂ©, mais le nombre de personnes au Canada et Ă  l’échelle internationale qui reçoivent une forme quelconque de traitement en santĂ© mentale, mĂŞme si elles n’ont pas de diagnostic de trouble mental [ou sont diagnostiquĂ©es Ă  tort], est stupĂ©fiant. Nous travaillerons avec nos partenaires ici Ă  Âé¶ą´«Ă˝ÍřŐľ, partout au Canada et Ă  l’international, pour tenter de changer cette situation », poursuit Thombs.

Lauréat de nombreux prix et subventions de recherche, Thombs s’impose comme un leader tout désigné pour mener cet effort. Ses travaux sur le dépistage de la dépression ont été appuyés par plusieurs organismes nationaux et internationaux chargés de l’élaboration de lignes directrices, dont le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs.


Professor Jonathan DaviesJonathan Davies

Mettre en lumière les preuves croissantes de l’impact des changements climatiques

« Ce prix offre non seulement un rappel bienvenu que ces efforts ne passent pas inaperçus, mais surtout, il met la recherche elle-même sous les projecteurs », affirme le chercheur Jonathan Davies.

En apprenant qu’il était l’un des deux lauréats du tout premier Prix du recteur pour chercheuses et chercheurs émergents d’exception, a pris un moment pour réfléchir au travail parfois sous-estimé et envahissant des universitaires en sciences, ainsi qu’à l’importance de reconnaître leurs efforts.

« Être récipiendaire de ce prix est évidemment un honneur, et il est bien sûr très agréable d’être reconnu pour son travail », a-t-il déclaré. « En science, comme dans le milieu universitaire en général, nous avons tendance à développer une certaine vision en tunnel, en nous concentrant sur des questions de recherche parfois plutôt ésotériques. La vie et le travail deviennent alors étroitement imbriqués, et nous nous retrouvons souvent à travailler les fins de semaine ou tard en soirée, bien après que tout le monde soit rentré chez soi. Ce prix constitue non seulement un rappel bienvenu que ces efforts ne passent pas inaperçus, mais, plus important encore, il met la recherche elle-même sous les projecteurs. »

Davies est une étoile montante de la recherche en phylogénétique, discipline qui étudie les relations évolutives entre des groupes d’organismes. Il utilise des arbres phylogénétiques pour explorer les relations évolutives entre différentes espèces biologiques ou autres entités.

Dans sa quête de réponses à des questions fondamentales sur l’origine et la répartition de la biodiversité, Davies perçoit des liens partout. S’inspirant en partie du concept japonais de kyosei, que l’on peut traduire approximativement par symbiose ou interdépendance, ses études sur les plantes montrent que les processus d’extinction et de spéciation chez les mammifères, c’est-à-dire le processus évolutif par lequel de nouvelles espèces apparaissent, sont liés.

Il soutient que les scientifiques ont peut-être largement sous-estimé la manière dont les plantes réagiront aux changements climatiques à l’avenir, ce qui constitue une lacune critique dans les connaissances si l’on souhaite réduire les taux actuels de perte de biodiversité.

« J’espère donc que ce prix offrira l’occasion Ă  des personnes extĂ©rieures au domaine de mieux comprendre mes travaux, ainsi que la grande quantitĂ© de recherches importantes, tant fondamentales qu’appliquĂ©es, qui ont contribuĂ© Ă  Ă©tablir Âé¶ą´«Ă˝ÍřŐľ comme l’une des universitĂ©s de premier plan dans le monde », a-t-il conclu.


*Les profils présentés sur cette page ont été rédigés en 2014.

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