Caroline Traube (Université de Montréal) [PI] avec Jason Noble (Université de Montréal), Louis Goldford (Université Columbia), Gabriel Couturier (Université de Montréal), Juanita Marchand Knight (Université Concordia) et Theodora Nestorova (Université Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾). 

Description:

Évoquer la voix humaine à travers la musique instrumentale est un objectif de longue date pour les compositeurs, que l’on retrouve aussi bien dans les indications d’interprétation traditionnelles comme « cantabile » que dans les pratiques contemporaines telles que la modélisation des formants (par exemple, Jonathan Harvey, Speakings, 2008 ; Peter Ablinger, Deus Cantando, 2009). Les interprètes ont aussi largement recours à des métaphores vocales dans leurs discours (Kristine Healey, « Imagined Vocalities », 2018). Mais est-ce que les auditeurs lambda perçoivent la musique instrumentale en termes de qualités vocales ou de métaphores ? On a abordé cette question en demandant aux auditeurs d’évaluer leur perception de la vocalité dans une musique destinée à l’imiter, suivie d’une composition et d’une interprétation de validation de concept.

Dans une partie de notre expérience, les auditeurs ont fourni en temps réel des données continues via un curseur indiquant à quel point ils percevaient les extraits du répertoire comme étant « semblables à une voix ». Ces extraits comprenaient des techniques contemporaines de mimétisme vocal (par exemple, transcription spectrale, synthèse concaténative, source-filtre, modélisation du vibrato), des approches traditionnelles de la vocalité (par exemple, arioso, recitativo) et des stimuli de contrôle qui étaient matériellement similaires mais qui n’étaient pas explicitement destinés à évoquer la voix. Dans l’autre partie, les participants ont donné des valeurs de curseur uniques pour de courts stimuli musicaux modélisés synthétiquement sur la voix et basés sur des techniques similaires de mimétisme et de synthèse vocale, y compris des maquettes numériques composées d’échantillons instrumentaux superposés modélisant de diverses manières les orchestrations acoustiques de la voix. À notre connaissance, cette étude était la première du genre, apportant enfin une validation perceptuelle à un phénomène qui est important pour les musiciens depuis des siècles. On a publié nos résultats dans un module TOR et on les a soumis à des revues et des conférences.

Les connaissances acquises dans cette étude — concernant les techniques de composition les plus efficaces pour évoquer la vocalité — ont ensuite été appliquées de manière créative par Louis Goldford dans une nouvelle composition pour ensemble et électronique, en collaboration avec le trio Longleash à New York, où la pièce sera créée.