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Le mensonge pathologique chez les adolescents serait associé à des déficits des fonctions exécutives

Selon l’équipe de recherche, ces constats ouvrent des pistes thérapeutiques
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Image par Getty images.
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 3 February 2026

Une équipe de recherche a découvert que les adolescents qui sont des menteurs pathologiques sont souvent aux prises avec des déficits des fonctions exécutives, par exemple une mémoire défaillante ou un trouble de la maîtrise des impulsions.

Les praticiens pourraient donc envisager le recours à des traitements axés sur les fonctions exécutives (thérapie cognitivo-comportementale, travail sur l’inversion des habitudes) chez ces patients, indique Victoria Talwar, professeure au Département de psychopédagogie et de psychologie du counseling de l’Université Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾. La professeure Talwar a mené cette étude en collaboration avec des collègues de deux établissements du Texas.

Interaction entre les fonctions exécutives et le mensonge

Le mensonge pathologique est une tendance persistante, et souvent compulsive, à la tromperie.

Bien qu’en théorie, les fonctions exécutives puissent contribuer à la capacité de tromper – les personnes ayant de meilleures fonctions exécutives seraient donc de meilleurs menteurs –, une personne présentant un dysfonctionnement exécutif, comme une faible maîtrise de soi ou une autorégulation déficiente, peut avoir du mal à inhiber le mensonge, explique Victoria Talwar.

« La mémoire de travail, c’est-à-dire la capacité de conserver de l’information dans la mémoire à court terme et de faire le suivi des conséquences, participe au processus, si bien que les personnes chez lesquelles cette mémoire est défaillante peuvent avoir du mal à anticiper les conséquences, indique-t-elle. C’est peut-être en partie la raison pour laquelle elles ont tendance à mentir. »

Différents échantillons, différents résultats

Des études sur le mensonge pathologique chez les adultes ont montré que le problème commençait souvent à l’adolescence. C’est pourquoi l’équipe a tenu à examiner un segment plus jeune de la population.

Plus de 500 participantes et participants de 10 à 18 ans, ainsi que leurs parents, ont participé à l’étude. Il y avait un vaste échantillon général d’enfants et d’adolescents ainsi qu’un échantillon plus ciblé d’enfants et d’adolescents soupçonnés par leurs parents d’être des menteurs pathologiques.

L’équipe de recherche a interrogé les jeunes participants sur leurs mensonges, a évalué leurs fonctions exécutives et a effectué des tests afin de détecter d’éventuelles psychopathologies. Les parents, pour leur part, ont été invités à estimer le nombre de fois où leur enfant avait menti au cours des 24 heures précédentes.

L’équipe a identifié des manifestations de mensonge pathologique chez 63 des jeunes participants, et a également observé un lien entre le mensonge et la présence de déficits des fonctions exécutives.

« Les menteurs pathologiques ont déclaré avoir proféré en moyenne 9,6 mensonges par jour, fait observer Victoria Talwar. Dans l’échantillon de menteurs pathologiques, les scores des fonctions exécutives étaient notablement élevés, ce qui témoigne d’un dysfonctionnement exécutif. Plus précisément, nous avons constaté chez ces personnes des déficiences cliniquement importantes au chapitre de l’attention, de la mémoire de travail, du niveau d’activité et de la maîtrise des impulsions. »

La professeure ajoute que le profil du mensonge pathologique se distingue de celui d’autres psychopathologies, en particulier les troubles des conduites et les traits de personnalité antisociale, de sorte que les menteurs pathologiques ne présentent pas nécessairement ces autres psychopathologies.

La vérité sur le mensonge

Comment une équipe de recherche étudiant le mensonge peut-elle savoir si les participants disent la vérité sur leurs mensonges?

« Des études ont démontré qu’il y a une corrélation entre les déclarations de mensonge ou de tricherie et les comportements réels de mensonge ou de tricherie, indique Victoria Talwar. Un certain nombre d’études menées au cours des dix dernières années montrent que, dans l’ensemble de la population, la plupart des gens sont relativement honnêtes et ne mentent qu’occasionnellement, tandis qu’une faible proportion ment fréquemment - un comportement associé à d’autres difficultés ou à des problèmes de santé mentale. »

Prochaines étapes

La professeure Talwar précise que cette étude n’indique pas la prévalence du mensonge pathologique chez les adolescents, puisque l’équipe a délibérément recherché des adolescents qui mentaient fréquemment et n’a donc pas travaillé avec un échantillon représentatif de la population.

Il faudrait maintenant réaliser une étude à grande échelle pour examiner la prévalence du mensonge pathologique au sein de la population générale des enfants et des adolescents, indique-t-elle.

Elle ajoute que d’autres recherches axées sur une meilleure compréhension des comportements mensongers chez les enfants et les adolescents pourraient mener à des interventions précoces.

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L’article « », par Drew A. Curtis, Christian L. Hart et Victoria Talwar, a été publié dans le Journal of Psychopathology and Behavioral Assessment.

Cette étude a été financée par une bourse de recherche du Woodcock Institute de la Texas Woman’s University.

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