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Une nouvelle méthode de greffe cellulaire pourrait améliorer le traitement du diabète de type 1

Selon les chercheurs, cette technologie pourrait à terme servir à la conception de divers organes artificiels
Représentation numérique de l'anatomie humaine avec le pancréas mis en évidence en rouge
Image par Getty Images.
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 7 May 2026

Une équipe de recherche de l’Université Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ et de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾â€¯(IR-CUSM) a mis au point un dispositif novateur permettant de greffer des cellules productrices d’insuline. Le dispositif est inséré directement dans les réseaux de l’organisme. Cette technologie, qui s’est révélée prometteuse lors d’essais précliniques, vise à surmonter les principales difficultés que pose, à long terme, le recours aux thérapies cellulaires novatrices dans le diabète de type 1. En plus de faire office de pancréas artificiel, ce dispositif pourrait remplacer d’autres organes ou favoriser leur bon fonctionnement.

Contrairement aux implants expérimentaux précédents, le dispositif est conçu pour assurer une irrigation sanguine immédiate, tout en créant une barrière contre le rejet par le système immunitaire, indique l’équipe de recherche.

« L’insuline, découverte au Canada il y a 100 ans, a sauvé de nombreuses vies, mais elle ne permet pas de guérir le diabète, explique Corinne  Hoesli, coauteure de l’article et professeure agrégée au Département de génie chimique. Nous avons conçu un dispositif doté d’un réseau préformé de vaisseaux sanguins artificiels qui ressemble aux prothèses vasculaires utilisées lors de pontages, sauf que nous y avons introduit des cellules productrices d’insuline.

On se rapproche vraiment d’un organe artificiel », déclare la professeure, en soulignant que cette réussite n’aurait pas été possible sans la collaboration interdisciplinaire avec des équipes de recherche de partout au Canada, notamment de l’Université Laval, de l’Université de la Colombie-Britannique et de l’Université de Montréal.

Un fardeau allégé pour les patients

Normalement, la glycémie, soit le taux de sucre dans le sang, est régulée par le pancréas. Cet organe libère de l’insuline pour faire baisser la glycémie ou du glucagon pour l’augmenter. Ce processus est toutefois perturbé chez les 9,5 millions de personnes dans le monde atteintes de diabète de type 1 : le pancréas ne produit pas assez d’insuline, ce qui entraîne une accumulation de glucose et de corps cétoniques dans le sang. De plus, cette affection provoque souvent des épisodes d’hypoglycémie grave lors desquels une surdose d’insuline peut être mortelle. Au Canada, l’espérance de vie des personnes atteintes de diabète de type 1 est réduite d’environ 10 ans.

Au lieu d’administrer de l’insuline synthétique, on peut recourir à la greffe de cellules productrices d’insuline présentes dans les îlots de Langerhans du pancréas. La greffe d’îlots pancréatiques, effectuée à partir de cellules provenant de donneurs humains décédés, est un traitement homologué au Canada. Cependant, très peu de personnes reçoivent ce traitement chaque année, d’une part parce qu’on dispose d’un nombre limité d’organes provenant de donneurs et d’autre part parce que les personnes traitées devront prendre des immunosuppresseurs leur vie durant pour éviter le rejet du greffon. Ajoutons à cela que plus de la moitié des cellules greffées meurent peu après la transplantation en raison d’une irrigation sanguine momentanément déficiente.

Le nouveau dispositif permet de contourner ces difficultés : il fait appel à des cellules pouvant être cultivées en grand nombre en laboratoire et crée une barrière protectrice (encapsulation) qui a pour effet de protéger les cellules d’assauts du système immunitaire.

Afin d’obtenir suffisamment de cellules productrices d’insuline pour assurer l’efficacité du dispositif, les chercheurs ont eu recours à l’impression 3D et à des stratégies de recouvrements successifs afin de créer plusieurs canaux sanguins parallèles. Ces canaux nourrissent le greffon et assurent un acheminement efficace de l’insuline dans tout l’organisme dès que la circulation sanguine est établie.

Perspectives

Ce dispositif est adaptable et c’est là, estiment les chercheurs, l’une de ses grandes qualités.

« Nous pourrions le fabriquer en laboratoire, le stériliser et l’expédier partout dans le monde; pour les équipes cliniques, il suffirait ensuite d’injecter les cellules thérapeutiques dont elles ont besoin », explique la Pre Hoesli.

On pourrait utiliser ce dispositif pour tester différentes structures et différents schémas de ramification vasculaires, ainsi que différents types de cellules, et faire ainsi progresser plus rapidement les essais précliniques portant sur d’autres organes artificiels.

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L’article « », par Jonathan  A. Brassard, Saleth  Sidharthan Dharmaraj, Hamid  Ebrahimi Orimi, Si  Da  Ling, Daria  Vdovenko, Yannick  Rioux, Hanwen  Wang, Marc-Antoine  Campeau, Kurtis  Champion, Florent  Lemaire, Brenden  N.  Moeun, Jia  Zhao, Shenghui  Liang, Timothy  J.  Kieffer, Jean  I.  Tchervenkov, Gilles  Soulez, André  Bégin-Drolet, Jean  Ruel, Richard  L.  Leask, Steven  Paraskevas et Corinne  A.  Hoesli, a été publié dans la revue Cell Biomaterials.

Les principaux bailleurs de fonds sont les Instituts de recherche en santé du Canada, Percée Diabète de type 1 (Percée DT1, auparavant « FRDJ »), le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, le Réseau de cellules souches du Canada et le Réseau de thérapie cellulaire, tissulaire et génique du Québec – ThéCell, réseau thématique financé par le Fonds de recherche du Québec – Santé.

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