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Un nouveau modèle d’origami capable de transformer des feuilles en structures 3D résistantes

Selon les chercheurs, cette découverte pourrait faire progresser la mise au point d’objets pliables, comme des tentes d’urgence et des exosquelettes portables
Dessin de la coque en origami imaginée comme une tente pliable et déployable dans un environnement boisé
Image par Morad Mirzajanzadeh.
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 21 May 2026

Des chercheurs de l’Université Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ ont mis au point une nouvelle méthode permettant de plier des feuilles plates pour former des coquilles lisses et incurvées, capables de passer, selon les besoins, d’un état souple à un état rigide pouvant supporter des charges. Grâce à un modèle d’origami dans lequel elle intègre des éléments semblables à des câbles, l’équipe peut contrôler à la fois la forme tridimensionnelle finale du matériau et son degré de rigidité. Selon les chercheurs, cette innovation, un « module à lentille à double courbure », pourrait faire progresser la technologie appliquée à des objets comme les tentes d’urgence, les robots à morphologie variable et les tissus intelligents.

« Les structures pliables existantes nous obligent à faire un compromis : si elles sont lisses et courbées, elles ont tendance à être souples et flasques; si elles sont solides et rigides, elles ont généralement des formes anguleuses, irrégulières, peu pratiques et difficiles à ajuster après l’assemblage, explique Damiano  Pasini, coauteur de l’étude et professeur de génie mécanique à l’Université Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾. Cela représente une contrainte importante pour des technologies comme les dispositifs portables, les implants médicaux, les robots souples et les structures spatiales déployables qui, pour bien supporter les forces exercées de l’extérieur, doivent souvent avoir des formes lisses et une résistance fiable. »

Pour pallier ce problème, l’équipe a conçu un modèle d’origami comportant des plis courbes qui forme des surfaces lisses à double courbure, comme des sphères ou des tores (formes de beignet). La structure ainsi formée peut être « verrouillée » dans un état rigide capable de supporter des charges. Grâce à l’ajout de tendons internes dont la tension peut être réglée, on peut reprogrammer ensuite cette même structure pour la rendre ultra-souple ou très rigide, sans modification de sa forme ni de ses matériaux.

Des câbles réglables pour moduler la rigidité

Le nouveau modèle de pliage combine des plis courbes et droits, ce qui permet de transformer des feuilles plates en surfaces continues et lisses plutôt qu’en ces formes anguleuses caractéristiques de l’origami classique.

À partir d’une forme courbe souhaitée (sphère, tore, vase), les chercheurs ont eu recours à la géométrie différentielle – qui englobe les théories mathématiques relatives au pavage, en origami, et aux surfaces développables – puis à l’optimisation numérique pour calculer le schéma de plis exact nécessaire afin que, une fois pliée et verrouillée, la coquille d’origami adopte la forme souhaitée.

Ils ont ensuite découpé au laser et plié des feuilles de carton selon ce schéma avant de les assembler pour former des coquilles, puis d’y insérer de fins câbles (« tendons ») à des endroits précis.

« En tendant ou en relâchant les tendons, nous avons mesuré l’évolution de la rigidité et démontré que les coquilles pouvaient passer d’un état flasque et souple à un état rigide et résistant à la torsion et à la flexion », raconte le professeur Pasini.

Validés à l’aide de la théorie de la mécanique, de l’origami rigide et de simulations géométriques, les résultats confirment que la cinématique du pliage, c’est-à-dire les mouvements de l’objet, est réalisable. Les simulations ont également confirmé que les surfaces restaient lisses et que le schéma pouvait être agrandi et répété en mosaïque.

Un nouveau paradigme de conception

Selon Damiano  Pasini, ces travaux ouvrent la voie à un nouveau paradigme de conception de métamatériaux inspirés de l’origami.

« Notre approche ouvre de nouvelles perspectives pour la conception de structures courbes porteuses, déployables et adaptatives. Nos résultats remettent en question l’idée selon laquelle il faudrait recourir à des matériaux complexes ou à des systèmes externes pour obtenir une rigidité réglable. Ils démontrent plutôt qu’une géométrie intelligente peut accomplir une grande partie du travail. »

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L’article intitulé «  », par Morad  Mirzajanzadeh et Damiano  Pasini, a été publié dans Nature Communications.

Cette étude a été financée par le Programme des chaires de recherche du Canada, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, la Bourse de doctorat en génie de Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ et le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies.

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