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President Saini delivering speech at CCMM podium

Chers amis, chers collègues, distingués invités, 

Je suis très heureux de me trouver à cette tribune ce midi. 

Merci à la Chambre pour cette invitation à m’adresser à vous! 

Il y a quelque chose de « poétique  Â» à ma présence ici aujourd’hui… 

L’Université Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ et la Chambre font toutes deux partie de l’histoire de Montréal.

Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ a été fondée en 1821 et la Chambre, dans sa première incarnation, en 1822. 

Depuis plus de 200 ans, nos deux institutions partagent une même mission, chacune à sa façon : le développement et le rayonnement de notre chère métropole.

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Quand je représente Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ ailleurs qu’à Montréal, je suis fier de dire que c’est un établissement universitaire majoritairement anglophone, mais parfaitement intégré à son milieu majoritairement francophone.

Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ assume cette dualité linguistique d’une manière naturelle.

L’anglais est la principale langue d’enseignement et le français prend sa place sur nos campus, comme langue d’intégration et de connexion à la collectivité québécoise.

Notre présence ici, notre attachement à Montréal et au Québec, font partie de notre patrimoine et de notre identité.

C’est à Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾, par exemple, qu’a été décerné en 1833 le premier diplôme en médecine au pays. Un événement couvert à l’époque par le journal The Gazette, dont certains journalistes sont parmi nous ici.

Aujourd’hui encore, fidèle à cette tradition, Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ prépare la relève médicale.

En plus de former des médecins bilingues à Montréal, nous collaborons avec l’Université du Québec en Outaouais pour offrir un programme de médecine familiale entièrement en français, dans une région où les besoins sont grands.

Nous sommes fiers de faire partie du réseau universitaire québécois, un réseau solide et uni.

Mes consœurs et confrères ici présents peuvent en témoigner : ses vingt membres entretiennent des liens étroits et fructueux.

Comme membres de ce réseau diversifié, nous nous posons une question essentielle : comment Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ peut-elle, à sa manière unique, contribuer à l’avancement de notre société?

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L’automne dernier, j’ai présenté à notre communauté universitaire mes priorités pour les prochaines années. Au cÅ“ur de celles-ci se trouve la double vocation qui distingue Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ : un fort ancrage local et une remarquable présence internationale.

Ces vocations « jumelles » se renforcent mutuellement.

Notre enracinement local nourrit notre rayonnement international.

Ce rayonnement, à son tour, profite à la collectivité québécoise et canadienne en attirant des talents, des partenariats et des investissements.

C’est cette capacité à conjuguer le local et l’international qui est au cÅ“ur de l’apport de Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ à notre société.

Et c’est cette dynamique qui est l’essence de mon propos aujourd’hui : comment la faire vivre avec vous et vos entreprises, et avec des partenaires comme la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

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D’abord, notre ancrage au Québec. 

J’ai parlé tout à l’heure de collaborations entre les établissements d’enseignement supérieur au Québec.

Faisons un petit test …

Je ne vous demande pas de lever la main, mais je suis certain qu’il y a dans cette salle 
des diplômés du MBA pour cadres de Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾â€“HEC Montréal.

Lancé en 2008, ce programme est devenu une véritable référence ici comme ailleurs. 

Je sais que mes collègues de HEC Montréal présents partagent cette fierté.

The Program is the very embodiment of what a close partnership between two strong institutions can achieve to provide our economy with the highly skilled bilingual leaders it needs.

D’autres exemples? 

Dans le secteur des technologies aérospatiales, où Montréal est le troisième pôle mondial, Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾, Concordia, Polytechnique Montréal et Aéro Montréal ont uni leurs forces pour créer le Centre de collaboration et d’innovation en aérospatiale et mobilité.

Le Centre ouvrira ses portes en 2028. Il pilotera de grands projets aéronautiques pour renforcer la position du Québec comme leader mondial de la mobilité aérienne durable.

Je salue particulièrement mes collègues Graham Carr et Maud Cohen pour cette précieuse collaboration entre nos institutions.

Le nom de Yoshua Bengio vous dit sûrement quelque chose…

Ce diplômé de Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾, qui est maintenant professeur à l’Université de Montréal, est une sommité mondiale dans le domaine de l’intelligence artificielle.

C’est lui qui a fondé MILA, l’Institut québécois d’intelligence artificielle, né des forces conjuguées de l’Université de Montréal et de Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾.

Autour de ce noyau s’est déployé l’un des plus importants pôles d’intelligence artificielle, un écosystème qui rassemble aujourd’hui 1 500 chercheurs, issus d’universités de partout au Québec.

Il s’agit du plus grand regroupement académique au monde, à l’avant-garde de la technologie la plus transformatrice de notre époque.

Je salue ici Daniel Jutras, recteur de l’Université de Montréal, qui est présentement en déplacement en Europe et le remercie pour sa collaboration dans l’atteinte de notre objectif commun.

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The former Royal Victoria hospital site is another one of those shining examples. By early 2029, it will be transformed into the Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ Sustainability Park and will be one of our most significant contributions to Québec.

Now, let me tell you the full story…

Lorsque l’hôpital Royal Victoria a été transféré vers le nouveau site Glen, son emplacement d’origine a été abandonné.

Personne ne s’occupait de ce site patrimonial en déclin, en plein cÅ“ur de Montréal. 

Le gouvernement du Québec cherchait un partenaire pour préserver et réhabiliter ces bâtiments historiques.

Nous avons « levé la main Â» et pris l’initiative d’y investir 250 millions de dollars.

Le gouvernement du Québec s’est joint à nous avec une contribution encore plus importante de 620 millions de dollars afin que nous puissions, ensemble, donner naissance au Parc du développement durable.

À la fine pointe de la technologie, le Parc deviendra l’un des plus grands pôles d’apprentissage, de recherche et d’enseignement au monde.

Il sera une filière d’innovation pour traduire les recherches en applications concrètes, dans des secteurs aussi divers que les changements climatiques, la chimie verte, les matériaux et l’énergie durables, la sécurité alimentaire, la protection des ressources en eau et bien plus encore.

Il rassemblera des experts des secteurs académique, privé et public dans de vastes locaux conçus pour décloisonner les disciplines, les groupes et les établissements. Notre objectif est de s’attaquer aux enjeux de développement durable collectivement plutôt qu’en silos.

En protégeant un lieu important du patrimoine de Montréal, Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ lance un projet qui aura un rayonnement international et des retombées positives pour notre économie locale.

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Comme vous le constatez, derrière plusieurs grands projets de société québécois se trouvent des racines profondément entrelacées avec celles de Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾.

Alors, s’il restait le moindre doute, je le dis haut et fort : Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ est une université québécoise.

Ancrée ici. Engagée ici.

Ce que nous sommes aujourd’hui, nous le devons à ce lieu que nous appelons chez nous et à la confiance que les Québécois nous accordent génération après génération.

Nous en sommes profondément reconnaissants. 

Et c’est aussi grâce à votre soutien qu’un réseau dynamique de 20 établissements s’est développé au Québec, dont six dans notre métropole. 

Ensemble, nous contribuons à faire de Montréal une grande ville universitaire, une identité précieuse qu’il nous faut préserver.

C’est plus qu’une fierté : c’est un moteur économique pour Montréal, pour le Québec et pour le Canada.

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Maintenant, je vais vous parler de Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ internationale.

C’est précisément parce que Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ est enracinée au Québec que nous pouvons briller sur la scène internationale et attirer des collaborateurs de partout dans le monde. 

Aujourd’hui, Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ compte 125 ententes de collaboration actives dans 39 pays. Et nous travaillons de façon soutenue à élargir et à approfondir ces partenariats. C’est une priorité! Pourquoi?

Parce que nous savons que les grands défis de notre époque ne s’arrêtent pas aux frontières. Qu’il s’agisse de la cybersécurité, des pandémies ou des changements climatiques, aucun pays, aucune institution ne peut les affronter seul.

En tant qu’institutions dotées d’un pouvoir unique de rassembler au-delà des frontières et des disciplines, les universités jouent un rôle essentiel à cet égard. Et c’est encore plus vrai pour celles dont le rayonnement international est bien établi. Cette conviction guide Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ depuis longtemps et a porté de nombreux fruits.

En voici quelques exemples.

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À une vingtaine de kilomètres de Paris, le plateau de Saclay est le cÅ“ur d’un pôle scientifique et technologique. C’est la « Silicon Valley » de France! C’est là que CentraleSupélec, grande école d’ingénierie de l’Université Paris‑Saclay, déploie un programme conjoint avec notre Faculté de génie.

Les étudiants entament leur parcours en France et le terminent ici chez nous, à Montréal. L’automne dernier, nous avons reçu la toute première cohorte.  

Alors, deux modèles de formation, deux cultures d’innovation, un objectif commun : former des ingénieurs prêts à relever les défis d’un monde globalisé.

Un autre exemple…

Le Luxembourg est aujourd’hui un carrefour géographique, universitaire et financier 
de premier plan en Europe. Fort de cette position stratégique, le gouvernement du Luxembourg et sa Chambre de commerce ont choisi de s’adresser à Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾. 

L’objectif? Implanter sur place la maîtrise en gestion financière de notre Faculté de gestion Desautels. 

Lors de leur récente rencontre à Ottawa, les premiers ministres du Luxembourg et du Canada ont souligné comment ce programme stimulera l’innovation et ouvrira de nouvelles opportunités pour les étudiants dans le domaine de la finance.

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C’est une chose de se réjouir de notre succès; c’en est une autre de bien l’exploiter au bénéfice de notre communauté et de la collectivité. C’est ce que nous nous appliquons à faire.

Des milliers d’étudiants et de chercheurs de partout dans le monde ont été formés par Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ à Montréal. Beaucoup d’entre eux sont restés et se sont pleinement intégrés à la société québécoise, y apportant leur contribution. D’autres sont repartis, mais ont gardé des liens étroits avec Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾, Montréal et le Québec.

Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ is made of those inspiring journeys, success stories and graduates who give back. Together, they bring to life this unique Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ identity that I’ve been describing all along : they are profoundly connected to Montreal and Quebec, while also defined by a global perspective and reach. 

Please allow me to illustrate what I mean. 

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Noubar Afeyan. 

Noubar arrive au Québec en 1975, alors que sa famille fuit la guerre civile au Liban. Montréal devient une terre d’accueil et Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾, un point d’ancrage décisif pour eux.

C’est ici qu’il étudie le génie chimique, une formation qui façonnera sa manière de penser l’innovation, le risque et l’impact. Son parcours « mcgillois Â» est l’amorce d’une trajectoire exceptionnelle. Il fonde la société de capital de risque Flagship Pioneering et cofonde Moderna, aujourd’hui un leader mondial des vaccins à ARN messager.

Bien qu’il vive aux États-Unis, sa connaissance de notre écosystème scientifique, acquise à Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾, a été déterminante. Elle a directement contribué à sa décision d’implanter l’usine de bioproduction de Moderna à Laval, inaugurée en 2024. 

Cet investissement de 180 millions de dollars renforce notre autonomie en biofabrication et la résilience de nos chaînes d’approvisionnement.

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Marc Bieler, Suisse d’origine, étudie en agriculture et en commerce à Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ dans les années soixante. Après une carrière internationale chez Continental Grain, il revient au Québec. À Saint-Louis-de-Blandford, il crée Canneberges Bieler, premier producteur de canneberges au Canada. On le surnomme souvent le roi de l’atoca! 

Lui et son épouse, Marie, ont investi plus de 16 millions de dollars pour financer l’École Bieler de l’environnement à Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾, un pôle d’excellence qui mobilise les savoirs et la recherche pour répondre aux grands défis environnementaux de notre époque.

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Un dernier exemple : John McCall MacBain, originaire de l’Ontario, est diplômé en économie de Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾. Homme d’affaires avisé, il fonde Trader Classified Media, la plus importante entreprise mondiale de petites annonces.

En 2019, John et son épouse Marcy posent un geste philanthropique historique : un don de 200 millions de dollars à Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾.

Il s’agissait, à l’époque, du plus important don jamais fait au Canada et il a permis d’accueillir les bourses McCall MacBain, souvent décrites comme l’équivalent nord-américain des bourses Rhodes.

Grâce à la générosité de John et Marcy, nous pouvons attirer et retenir de jeunes talents de haut niveau, du Québec, du Canada et de l’étranger, qui contribuent à façonner l’avenir de notre ville et de notre société. 

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L’Université Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾, c’est une vitrine du Québec et du Canada à l’international. Les exemples que j’ai donnés ne sont qu’un aperçu.

Notre réseau d’anciennes et d’anciens compte plus de 325 000 personnes, réparties dans 185 pays. Plusieurs de nos diplômés deviennent des leaders reconnus dans de nombreux secteurs. 

Peu importe où il se trouve, chacun de ces diplômés est un ambassadeur. Surtout lorsqu’il prend des décisions qui ont des retombées bénéfiques au Québec, sur son économie, son développement et sa prospérité.

Si votre entreprise souhaite ouvrir un bureau, ou une usine, ou encore établir des contacts à l’étranger, Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ vous donne accès à un bassin de talents formés ici. Un gage de qualité pour vos interlocuteurs.

Si Montréal veut réaffirmer et renforcer sa place comme ville d’innovation et pôle de startups, Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ peut jouer un rôle clé.

Par exemple, notre Centre Dobson pour l’entrepreneuriat, classé parmi les meilleurs au monde, soutient 547 jeunes entreprises actives, dont 426 ont leur siège ici au Québec. Ensemble, elles ont généré 4,4 milliards de dollars de financement et ont créé 12 000 emplois.

Bref, un impact local porté par des connexions globales.

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Before concluding, I would like to share a few parting thoughts with you — you, the leaders of our business community.

Je viens de faire le portrait de ce qui doit nous donner espoir. Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ rayonne au Québec, grâce au Québec et bien sûr grâce à vous! Mais on ne peut plus tenir pour acquises la pérennité et l’excellence de Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾, tout comme celles des autres universités.

Jusqu’à tout récemment, j’étais président du conseil d’administration d’Universités Canada, un rassemblement des universités de partout au pays. À ce poste, j’ai pu échanger avec de nombreux dirigeants de l’enseignement supérieur et j’ai constaté une chose.

Malgré leur immense contribution à notre société, nos universités traversent des temps difficiles. On remet en cause leurs actions. On met en doute leur utilité. Et on rejette cyniquement leur expertise.

Même les institutions comme Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾, qui se classent parmi les meilleures au monde, ne sont pas immunisées contre les pressions économiques et géopolitiques. La situation que nous vivons aujourd’hui est sans précédent. 

Le Canada, le Québec et Montréal doivent se poser des questions fondamentales : que faisons-nous pour attirer les meilleurs talents? Stimuler l’innovation? Renforcer l’investissement?

Je partage l’avis de ceux qui voient dans les bouleversements économiques et géopolitiques actuels, y compris nos relations avec les États-Unis, une opportunité unique que nous devons saisir. Nous devons le faire et nous devons aller plus loin encore.

This is a moment for relaunching our country and our city, towards a new era of confidence and ambition, one of global partnerships and prosperity. Achieving this objective requires collective, concerted action. And the partnerships that are needed must start at home.

All of us : governments, businesses, institutions of higher learning, research and innovation must shoulder this responsibility together. As Prime Minister Carney said in Davos : « Nostalgia is not a strategy. Â» We must act together, because « if we are not at the table, we are on the menu. Â»

Les universités ne peuvent agir seules. Personne dans cette salle ne peut agir seul. Alors, prenons notre place autour de cette table métaphorique, tendons-nous la main pour construire des partenariats fructueux.

Ensemble, conjuguons le travail que nous accomplissons déjà autour d’objectifs clairs.

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En terminant, je reviens à mon point de départ. 

Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ rayonne au Québec, grâce au Québec. En retour, elle fait rayonner le Québec. Nous contribuons à faire connaître Montréal et le Québec au monde, et nous ramenons le monde à Montréal et au Québec.

Et nous voulons continuer d’être votre connexion avec le monde, et la connexion du monde avec vous.

Je vous remercie de votre attention.