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La découverte d’un « interrupteur » de combustion des graisses pourrait déboucher sur des avancées dans le traitement des maladies osseuses

À plus long terme, cette percée pourrait aussi faire progresser la recherche sur l’obésité
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 12 May 2026

La mise au jour, par des scientifiques, d’un « interrupteur » moléculaire qui active chez la souris un mécanisme de combustion de l’énergie pourrait mener à de nouveaux traitements pour les maladies osseuses.

³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð, publiée dans Nature, apporte un nouvel éclairage sur le tissu adipeux brun. Contrairement au tissu adipeux blanc, qui stocke l’énergie, les cellules adipeuses brunes brûlent des calories et produisent ainsi de la chaleur. Pendant des années, on a cru que ce processus reposait sur un seul mécanisme. Plus récemment, des scientifiques ont découvert l’existence d’un autre mécanisme, dont le mode d’activation demeurait toutefois inconnu.

L’équipe dirigée par Lawrence Kazak, à l’Institut du cancer Rosalind-et-Morris-Goodman de l’Université Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾, a découvert un « interrupteur » moléculaire qui met en marche ce mécanisme, appelé « cycle futile de la créatine ».

Lorsque le corps est exposé au froid, il dégrade les graisses stockées pour produire de la chaleur, et libère ainsi du glycérol. En collaboration étroite avec Alba Guarné, biologiste structurale et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les machines macromoléculaires en jeu dans les lésions et la réparation de l’ADN, les chercheurs ont constaté que le glycérol se liait à une enzyme appelée « TNAP », au niveau de ce qu’ils nomment la « poche de glycérol », ce qui active ce mécanisme.

« C’est la première fois que nous montrons comment un autre mécanisme de production de chaleur est activé, indépendamment du système classique, explique Lawrence Kazak, professeur agrégé au Département de biochimie et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en biologie des adipocytes. Cette découverte permet de mieux comprendre comment plusieurs mécanismes de dépense énergétique contribuent ensemble au maintien de la température corporelle. »

Retombées pour les maladies osseuses et l’obésité

On s’intéresse actuellement au rôle possible du tissu adipeux brun dans le métabolisme et l’obésité. Les résultats de cette étude pourraient, à terme, éclairer ces travaux, mais ses retombées les plus immédiates concernent la santé osseuse, domaine dans lequel le rôle de la TNAP est déjà bien établi.

La TNAP est essentielle à la formation et au maintien d’os solides par le processus de calcification. Des mutations génétiques qui en altèrent le fonctionnement peuvent entraîner l’hypophosphatasie, maladie caractérisée par des os fragiles, qui conduit à des fractures, des douleurs et des déformations du squelette. Bien que rare, cette affection est plus fréquente dans certaines régions du Canada, notamment au Québec et au Manitoba, en raison de mutations héréditaires présentes dans certaines populations.

En étudiant des mutations de la TNAP en laboratoire, les chercheurs ont constaté que l’« interrupteur » moléculaire qu’ils avaient découvert dans les cellules responsables de la dépense énergétique jouait aussi un rôle direct dans les cellules qui coordonnent la minéralisation nécessaire au durcissement des os.

Ces résultats s’appuient sur les travaux antérieurs de Marc McKee, coauteur de l’étude, qui a contribué, avec José-Luis Millán du Sanford Burnham Prebys Medical Discovery Institute, à la mise au point d’un premier traitement enzymatique substitutif ciblant les os pour les patients atteints d’hypophosphatasie chez lesquels la TNAP est altérée.

« Cette découverte pourrait mener à un nouveau type de traitement : en augmentant l’activité de la TNAP grâce à sa poche de glycérol, au moyen de composés bioactifs naturels ou synthétiques, on pourrait renforcer l’action bénéfique de l’enzyme chez les patients et ainsi rétablir une minéralisation osseuse normale », précise Marc McKee, professeur à la Faculté de médecine dentaire et des sciences de la santé orale, ainsi qu’à la Faculté de médecine et des sciences de la santé, et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en biominéralisation.

Les chercheurs ont déjà recensé des dizaines de candidats-médicaments à étudier plus en profondeur.

³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð

L’article « », par Mohammed Faiz Hussain, Lawrence Kazak et coll., a été publié dans Nature.

Les travaux ont été réalisés en collaboration avec des scientifiques de l’Université Queen Mary de Londres, de l’Université Northeastern, du Sanford Burnham Prebys Medical Discovery Institute et du Maine Health Institute for Research. ³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et le Fonds de recherche du Québec ‒ Santé.

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