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Bien plus qu’une boîte à souvenirs, l’hippocampe prédirait les récompenses

Une équipe de recherche met au jour un processus d’apprentissage dans le centre de la mémoire du cerveau, une découverte qui pourrait mener à une meilleure compréhension de la maladie d’Alzheimer
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 29 January 2026

Selon les données probantes d’une étude préclinique publiée dans Nature, l’hippocampe, siège de la mémoire dans le cerveau, réorganiserait également les souvenirs afin d’anticiper des résultats futurs.

³¢â€™Ã©t³Ü»å±ð, menée par une équipe de recherche du de l’Université Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ et leurs collaborateurs de l’Université Harvard, révèle un processus d’apprentissage qui n’avait jamais été directement observé auparavant.

« L’hippocampe est souvent décrit comme un modèle interne du monde niché dans le cerveau », explique Mark Brandon, auteur en chef de l’étude, professeur agrégé au Département de psychiatrie de l’Université Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ et chercheur au Centre de recherche Douglas. « Nous constatons que ce modèle n’est pas statique; il est actualisé jour après jour, au gré de l’apprentissage que tire le cerveau des erreurs de prédiction. Plus la prévisibilité des résultats augmente, plus les neurones de l’hippocampe s’activent tôt, car ils apprennent ce qui va se passer ensuite. »

Une nouvelle vision de l’apprentissage en action

L’hippocampe construit des cartes de l’espace physique et des expériences passées qui nous aident à comprendre le monde. Les scientifiques savent que ces cartes changent au fil du temps, à mesure que les schémas d’activité cérébrale évoluent, phénomène actuellement considéré comme étant aléatoire.

Les résultats de l’étude montrent plutôt que ces changements ne sont pas aléatoires, mais structurés. C’est ce qu’a conclu l’équipe de recherche en examinant l’activité cérébrale de souris pendant l’apprentissage d’une tâche associée à une récompense prévisible.

« Nous avons découvert quelque chose de surprenant, explique le professeur. Les pics d’activité neuronale, qui se produisaient initialement au moment de la récompense, ont commencé à survenir de plus en plus tôt, pour finalement apparaître avant que les souris n’obtiennent la récompense. »

Plutôt que de recourir à des électrodes classiques, qui permettent d’observer les neurones pendant de courtes périodes seulement, l’équipe a utilisé de nouvelles techniques d’imagerie qui rendent les neurones actifs brillants. Le Laboratoire Brandon est l’un des premiers au Canada à utiliser cette technologie. L’équipe peut ainsi examiner des cellules pendant plusieurs semaines et détecter des changements lents qui passent souvent sous le radar des méthodes classiques.

L’apprentissage et la maladie d’Alzheimer

Les formes plus simples d’apprentissage par la récompense ont longtemps été associées à des circuits cérébraux plus primitifs, comme l’ont montré les célèbres expériences d’Ivan Pavlov, lors desquelles les animaux associaient un signal, comme le son d’une cloche, à de la nourriture. Les résultats de l’étude laissent entrevoir une version plus sophistiquée de ce processus, selon laquelle l’hippocampe utilise la mémoire et le contexte pour anticiper les résultats.

Par ailleurs, les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ont souvent du mal à se souvenir du passé, mais aussi à tirer des leçons de leurs expériences et à prendre des décisions. En montrant que l’hippocampe sain transforme les souvenirs en prédictions, l’étude offre un nouveau cadre qui pourrait nous permettre de comprendre pourquoi l’apprentissage et la prise de décision sont touchés dès les premiers stades de la maladie d’Alzheimer, et ouvrir de nouvelles perspectives de recherche sur l’échec et la restauration de ce signal prédictif.

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L’article « Predictive Coding of Reward in the Hippocampus », par Mohammad Yaghoubi, Mark Brandon et coll., a été publié dans Nature. Cette étude a été financée par le Fonds de recherche du Québec – Santé et les Instituts de recherche en santé du Canada.

Le Laboratoire Brandon

Le Laboratoire Brandon a été fondé en 2015 par le professeur Mark Brandon, au Centre de recherche Douglas de l’Université Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾. On y étudie les mécanismes fondamentaux de la mémoire, notamment le codage, le stockage et la récupération des souvenirs dans le cerveau, de même que la dégradation de la mémoire chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, dans le but de découvrir des stratégies de protection et de restauration de la mémoire.

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