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Une vaste étude pourrait faire progresser l’utilisation des psychédéliques dans le traitement des troubles de santé mentale

Malgré des compositions chimiques différentes, cinq composés psychédéliques auraient deux effets similaires sur le cerveau
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 7 April 2026

Une équipe de recherche a montré, pour la première fois, que plusieurs substances psychédéliques – la psilocybine, le LSD, la mescaline, la diméthyltryptamine (DMT) et l’ayahuasca – produisaient un schéma d’activation cérébrale commun malgré leurs compositions chimiques distinctes.

Un consortium international dirigé par un chercheur de l’Université Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ a rassemblé des données d’imagerie cérébrale de laboratoires de cinq pays et a ainsi créé la plus vaste étude du genre à ce jour.

Les résultats, publiés dans Nature Medicine, pourraient orienter la mise au point de traitements pour certains troubles de santé mentale.

« Il s’agit d’une avancée majeure dans notre compréhension des substances psychédéliques », indique l’auteur en chef, Danilo Bzdok, professeur agrégé au Département de génie biomédical de l’Université Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ et titulaire d’une chaire en intelligence artificielle Canada-CIFAR à Mila. « Pour la première fois, nous montrons qu’il existe un dénominateur commun entre des médicaments considérés jusqu’à maintenant comme totalement distincts. »

Deux changements mesurables dans le cerveau

Divers psychédéliques se sont révélés efficaces dans le traitement de certains troubles mentaux; malgré leurs différences chimiques, ils produisent des effets similaires, ce qui demeure un mystère. La méta-analyse a mis en évidence deux effets neuronaux communs à cinq des drogues les plus courantes.

En temps normal, dans chaque système cérébral, des communications internes intenses entretiennent des réseaux cohérents et organisés. L’équipe a constaté que les psychédéliques provoquaient un affaiblissement des connexions et un assouplissement de la structure des réseaux.

Elle a aussi remarqué que les psychédéliques augmentaient la communication entre les différents systèmes cérébraux. Des signaux pouvaient alors franchir des frontières habituellement étanches. Ce « dialogue croisé » pourrait expliquer le phénomène des hallucinations, ainsi que les autres pensées, sensations et perceptions inhabituelles signalées pendant des expériences psychédéliques.

Un portrait de la recherche mondiale sur les psychédéliques

Cette méta-analyse regroupe les résultats de 11 jeux de données, issus de plus de 500 séances d’imagerie cérébrale réalisées auprès de 267 participants.

Les études en neurosciences psychédéliques sont généralement de petite envergure – entre 10 et 30 participants – en raison des coûts élevés et d’une réglementation stricte. Les auteurs soulignent qu’il serait pratiquement impossible d’étudier cinq psychédéliques différents dans le cadre d’une seule expérience.

« Cette approche nous donne un portrait de l’ensemble des recherches effectuées sur le sujet », indique l’auteur en chef.

La fin d’une « traversée du désert de la recherche psychédélique »

L’intérêt pour l’utilisation de psychédéliques dans le traitement de troubles mentaux s’est accru au cours des dernières années, en partie en raison des progrès en technologies d’imagerie cérébrale. Ce regain d’intérêt fait suite à ce que les auteurs qualifient de « traversée du désert de la recherche psychédélique » pendant les années 1970 : à l’époque, la criminalisation et les associations avec la contre-culture faisaient obstacle aux études.

« De nombreux médicaments contre la dépression, par exemple, ont peu évolué au cours des dernières décennies. Les psychédéliques pourraient bien ouvrir la voie thérapeutique en santé mentale la plus prometteuse depuis les années 1980 », affirme Danilo Bzdok.

Il ajoute que, dans un contexte où les chercheurs de ce domaine émergent se heurtent toujours à des obstacles logistiques, ces résultats constituent un point de référence pour l’évaluation d’études à venir et pourraient mener à un assouplissement de la réglementation.

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L’article « An international mega-analysis of psychedelic drug effects on brain circuit function », par Manesh Girn, Danilo Bzdok et coll., a été publié dans Nature Medicine.

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