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Grand défi annuel sur le développement durable de 2026

Le Grand défi annuel sur le développement durable est un concours organisé par l’Initiative de croissance durable (ICD) de l’Université Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾ et financé par dans le cadre duquel des équipes étudiantes interdisciplinaires doivent élaborer des projets qui apporteront des solutions aux grands enjeux sociaux. Sa troisième édition s’est tenue en mars.

Le thème de cette année, Conception résiliente : renforcer la résilience climatique des collectivités et du commerce dans les régions côtières, portait sur les risques croissants que posent les changements climatiques pour les régions côtières, dont la hausse du niveau de la mer, l’intensification des tempêtes et les inondations chroniques. Ces événements constituent des menaces graves pour les collectivités, les infrastructures et les chaînes d’approvisionnement internationales.

Le 17 mars, soit le soir avant le concours, l’ICD a organisé la projection de deux documentaires sur ce thème au Cinéma du Parc. Dans le premier film, , Maxime Corneau explore les déplacements dus aux changements climatiques dans l’Arctique. Dans le deuxième documentaire,, Leila Beaudoin, journaliste à la CBC, traite des effets des marées de tempête et de l’augmentation du niveau de la mer sur les collectivités côtières de Terre-Neuve.

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Le Défi

Après les projections, les cinq équipes finalistes se sont réunies le 18 mars pour participer au concours. Elles ont été sélectionnées pour la qualité de leurs recherches et l’originalité de leurs propositions. Chaque équipe s’est penchée sur un enjeu particulier qui a trait à la résilience côtière en se concentrant sur les systèmes humains, comme la gouvernance, les politiques, la planification et la collaboration, plutôt que sur des solutions techniques.

Un jury a évalué les projets en fonction de leur faisabilité, de leur structure financière et de leurs retombées sociales. Il était constitué de Leila Beaudoin de CBC Newfoundland and Labrador; de Claudine Couture-Trudel, qui dirige la stratégie et les politiques environnementales, sociales et de gouvernance à QSL; d’Evan Henry du Pôle des systèmes de développement durable de l’Université Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾; et de Mitch McEwen (MGF, 2020), qui est responsable du développement durable et de la résilience climatique à Wawanesa Assurance. Chaque équipe devait faire une présentation de 15 minutes, suivie d’une période de questions.

Avant le début du concours, les étudiantes et étudiants habillés de manière professionnelle se sont réunis pour le déjeuner. Après un bref mot d’ouverture, Brian Wenzel, directeur de l’ICD, et Adam Turcotte, directeur associé, ont remercié l’équipe de l’ICD, et plus particulièrement l’agente de programme Katie Wilson, qui a dirigé l’initiative. M. Turcotte a ensuite présenté les équipes et rappelé les règles, puis les présentations ont commencé.

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Les présentations

La première équipe à présenter, Lorax Speaks for the Seas, a proposé un modèle financier afin de combler les lacunes dans les infrastructures en Arctique, une région qui se réchauffe jusqu’à quatre fois plus rapidement que la moyenne mondiale. Elle a affirmé que les infrastructures limitées augmentent grandement la vulnérabilité, car les interventions d’urgence peuvent prendre plusieurs jours au lieu de quelques heures. Sa solution, une « commission des obligations pour l’Arctique » souveraine, réunirait des fonds publics et privés pour soutenir la résilience climatique, y compris l’énergie renouvelable, la recherche ainsi que les interventions de sauvetage et en cas de déversement d’hydrocarbures.

Les juges ont demandé si un tel modèle pourrait fonctionner dans une région aussi vaste et inégale, et si le fait de lier les rendements à une réduction des pertes en cas de désastre pourrait favoriser les investisseurs plutôt que les collectivités. ³¢â€™Ã©q³Ü¾±±è±ð a souligné la flexibilité de la solution ainsi que la participation des communautés autochtones à la prise de décision, tout en reconnaissant la difficulté d’établir un équilibre entre les priorités financières et locales.

Ensuite, les membres de l’équipe On Thin Ice ont proposé la revitalisation de la ville de Churchill, et de son port, dans le nord du Manitoba. Selon eux, il s’agit d’un lieu important sur les plans de l’adaptation au climat, de l’indépendance économique et de la souveraineté dans l’Arctique. Dans leur proposition, ils font un lien entre le développement du port et les préoccupations quant à notre dépendance aux routes commerciales américaines et à l’insécurité alimentaire dans les collectivités nordiques. En réponse à ces enjeux, ils ont proposé une combinaison de solutions, dont l’énergie renouvelable, le logement résilient aux changements climatiques et les systèmes de surveillance en temps réel. Celles-ci seraient coordonnées par un conseil pour le climat et les collectivités, qui reposerait en grande partie sur le leadership autochtone.

Les juges ont demandé si les systèmes d’énergie renouvelable pouvaient réalistement fonctionner à grande échelle dans les conditions nordiques difficiles. ³¢â€™Ã©q³Ü¾±±è±ð a suggéré d’intégrer l’infrastructure hydroélectrique existante du Manitoba et a affirmé que les priorités sociales et environnementales orienteraient les décisions. Elle a aussi reconnu que certains compromis pourraient être difficiles, particulièrement en ce qui concerne les combustibles fossiles.

Pour sa part, l’équipe Oceans Five a présenté une stratégie de résilience côtière centrée sur la restauration des mangroves aux Philippines, et plus précisément au port de Cebu. Ce carrefour essentiel est situé dans l’une des régions du monde les plus sujettes aux catastrophes. ³¢â€™Ã©q³Ü¾±±è±ð a proposé un système hybride combinant la reforestation de la mangrove et l’installation de brise-lames submergés afin de réduire la force des vagues et de stabiliser le littoral. Cette solution prévoyait également le recours à des outils de surveillance comme les données satellitaires, le suivi par GPS et les signalements par la population, ainsi qu’un modèle financier reliant la restauration aux crédits de carbone et aux assurances pour un paiement rapide après un désastre.

Les juges se sont interrogés sur la viabilité du modèle financier en pratique. Plus précisément, ils ont demandé comment les crédits de carbone seraient vérifiés et si l’on pourrait obtenir des résultats concluants dans un environnement portuaire achalandé. Ils ont également soulevé des préoccupations quant aux conflits avec l’activité touristique et l’utilisation des terres. ³¢â€™Ã©q³Ü¾±±è±ð a affirmé qu’il était possible de rendre le système durable en combinant la restauration environnementale et les incitatifs financiers, mais elle a reconnu la nécessité d’établir un équilibre entre les priorités environnementales, économiques et sociales.

Charlotte DeLeskie, Stella Chang, Serena Suleman, Cassidy McCaw, Rachel Tabitha
Charlotte DeLeskie, Stella Chang, Serena Suleman, Cassidy McCaw, Rachel Tabitha

Bintou Keita, Siena Margorian, Laura Cabrel, Brandon Greenall, Marjha Noel Lozano Sandoval
³¢â€™Ã©q³Ü¾±±è±ð gagnante, Seas the Opportunity, a proposé un modèle de « coopération triangulaire » entre le Bangladesh et le Sri Lanka fondé sur une infrastructure commune, la restauration écologique et l’échange de connaissances, et encadré par le Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud. Rattachée aux ports de Chattogram et de Colombo, la stratégie sur dix ans s’appuyait sur un partenariat de type mentorat et était fortement axée sur la collaboration Sud-Sud. Elle comprenait un plan pour un système de protection côtière hybride, qui combinait des activités de restauration de la mangrove dirigées par la collectivité et une infrastructure d’ingénierie. Ce plan était fondé sur un cadre de gouvernance coordonné comprenant des comités mixtes et des partenaires internationaux. ³¢â€™Ã©q³Ü¾±±è±ð a présenté le projet de manière innovante, sous forme de sketch. Ses membres jouaient les ingénieures ou les spécialistes de chaque port. Selon Mme Beaudoin, cette formule a ajouté à la présentation « un aspect humain intéressant ».

Les juges ont questionné l’équipe sur la possibilité de mettre en Å“uvre les solutions dans des contextes environnementaux et politiques distincts, ainsi que sur la manière de gérer les risques durant la période provisoire, soit avant que la restauration de l’écosystème ne génère des résultats mesurables. Ils ont aussi soulevé des préoccupations quant à la viabilité des structures de financement à long terme réunissant plusieurs administrations. ³¢â€™Ã©q³Ü¾±±è±ð a présenté la coopération triangulaire comme une manière de partager les risques, d’échanger des connaissances et de répartir le travail. Elle a affirmé qu’une mise en Å“uvre coordonnée augmenterait la résilience des deux régions, même si des incertitudes persistaient.

³¢â€™Ã©q³Ü¾±±è±ð TrueNorth Consulting: Closing the Resilience Gap a axé sa proposition sur l’aéroport international de Vancouver, un carrefour économique essentiel bâti au niveau de la mer et de plus en plus exposé aux risques climatiques. Elle a défini la résilience comme une question de gouvernance, et non uniquement comme un enjeu d’ingénierie. ³¢â€™Ã©q³Ü¾±±è±ð a cerné un décalage fondamental entre les groupes qui profitent des infrastructures, ceux qui paient pour ces infrastructures et ceux qui prennent les décisions. Sa solution, le Sea Island Resilience Compact (SIRC), consistait en un modèle à plusieurs niveaux combinant la gouvernance dynamique, l’emprunt obligataire à long terme, le partage d’un jumeau numérique de l’île et des investissements ciblés dans les infrastructures, comme des digues vivantes, des systèmes de drainage intelligents et le renforcement du périmètre. La participation autochtone à la gouvernance faisait partie intégrante du cadre, de même qu’une structure par rotation conçue pour étendre la résilience à toute la région, au-delà de l’aéroport, au fil du temps. Cette structure est appuyée par un jumeau numérique qui fournit des données en temps réel afin de déterminer quelles parties de l’île nécessitent une intervention ainsi que les mesures à prendre.

Durant la discussion, les juges ont demandé à l’équipe en quoi ce modèle différait concrètement des structures de gouvernance existantes, notamment des initiatives de résilience qui sont déjà financées par l’aéroport. ³¢â€™Ã©q³Ü¾±±è±ð a déclaré que le SIRC engendrerait une restructuration fondamentale des incitatifs en passant d’un processus décisionnel fragmenté et réparti entre les parties prenantes à un système partagé où la responsabilité, les risques et les retombées seraient gérés collectivement. Des questions ont également été soulevées concernant la faisabilité politique, particulièrement en ce qui a trait à la participation du gouvernement fédéral et à l’opposition de la population à des mécanismes de financement à grande échelle, comme une taxe aux passagers. ³¢â€™Ã©q³Ü¾±±è±ð a souligné l’autonomie et la viabilité à long terme du fonds de résilience proposé ainsi que le rôle du jumeau numérique afin de définir les priorités à l’aide des données. En fin de compte, l’équipe a affirmé qu’il ne s’agissait pas d’une amélioration technique, mais plutôt d’une refonte nécessaire de la gestion de la résilience. Elle a décrit le projet comme un modèle pouvant être adapté pour une utilisation à l’échelle nationale.

Table ronde sur la conception résiliente

AGC 2026 attendeesCette table ronde animée par Leila Beaudoin réunissait les perspectives de divers secteurs – les assurances, l’administration municipale, le transport ferroviaire et les opérations portuaires – afin d’explorer en quoi consiste concrètement la « conception résiliente ». Les panélistes étaient les suivants : Claudine Couture-Trudel, vice-présidente des politiques environnementales, sociales et de gouvernance ainsi que des initiatives futures à QSL; Mitch McEwen, directeur du développement durable, de la résilience climatique et des retombées sociales à Wawanesa Assurance; Sophie Mauzerolle, conseillère municipale à L’Île-Verte et ancienne membre du comité exécutif de Montréal; et Sarah Favel, qui dirige les rapports sur le développement durable du CN.

Quel que soit leur secteur, les panélistes ont souligné que les risques climatiques ne sont plus abstraits, mais immédiats et systémiques. Les événements qui étaient autrefois considérés comme exceptionnels – par exemple les inondations, les déraillements et les conditions météorologiques extrêmes – sont aujourd’hui récurrents, et ils entraînent des répercussions sur les infrastructures, les chaînes d’approvisionnement et les collectivités. Selon M. McEwen, les risques climatiques deviennent peu à peu des certitudes, et la hausse du coût des assurances détermine déjà ce qui peut être protégé, et qui peut l’être.

Des tensions manifestes se sont fait sentir quant à l’envergure et à la coordination. Les municipalités se trouvent souvent en première ligne. Elles gèrent les inondations, les pressions sur les infrastructures et les interventions d’urgence, mais elles ne possèdent pas les leviers financiers et politiques nécessaires pour agir seules. En même temps, les vastes systèmes, comme les réseaux ferroviaires et portuaires, sont confrontés à des risques de plus en plus complexes et imprévisibles, par exemple les ruptures de rail dues aux températures, la fluctuation du niveau des eaux ou les contraintes écologiques. Les panélistes ont souligné plusieurs fois la difficulté d’organiser une concertation entre les parties prenantes locales, nationales et sectorielles. Pour sa part, Sophie Mauzerolle a expliqué la complexité de trouver un équilibre entre les besoins locaux très précis et les priorités stratégiques globales.

Durant la discussion, les panélistes se sont affranchis des modèles cloisonnés en proposant des solutions collaboratives réunissant de multiples parties prenantes. Ils ont également souligné l’intégration croissante des enjeux environnementaux, économiques et sociaux, ainsi que la participation accrue du public aux décisions sur les infrastructures. Cette transformation demeure toutefois inégale. Même si les entreprises sont de plus en plus à l’écoute des pressions exercées par leur clientèle et leurs actionnaires en faveur du développement durable, des tensions persistent entre la résilience à long terme et les profits à court terme, ainsi qu’entre les ambitions réglementaires et la faisabilité politique. Selon plusieurs panélistes, si l’on veut réaliser des progrès notables, les gouvernements, les entreprises et les collectivités devront se concerter pour prendre les décisions difficiles.

Le financement et la responsabilité étaient des thèmes récurrents dans la discussion. Les modèles d’assurance traditionnels, fondés sur des risques prévisibles, sont difficiles à adapter à la volatilité climatique, c’est pourquoi on constate un intérêt grandissant pour les solutions de rechange, comme l’assurance paramétrique et le financement mixte. Les panélistes ont débattu de la question suivante : qui devrait assumer le coût de la résilience? Les individus, les gouvernements ou le secteur privé? Ils ont souligné les inégalités inhérentes aux systèmes actuels. Mme Couture-Trudel a affirmé que la résilience dépendait ultimement des groupes qui en profitent, qui la financent et que l’on vise à protéger.

Malgré ces enjeux, la table ronde s’est conclue sur une note optimiste, soit sur la nécessité pour tous les secteurs de s’adapter, de collaborer et de réfléchir différemment. En s’adressant aux étudiants et étudiantes dans la salle, les panélistes ont souligné combien il est important de savoir communiquer, d’avoir recours à la pensée systémique et de transcender les différences, ainsi que de se doter de compétences essentielles, comme une expertise technique, pour progresser dans un avenir incertain.

Équipes gagnantes

Les cinq équipes finalistes ont été sélectionnées parmi 33 propositions initiales. Chacune représentait une réalisation importante. Les prix ont été remis avec le soutien de Gildan Activewear. Oceans Five (Université de Toronto) s’est classée au troisième rang. On Thin Ice (Université Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾) est arrivée en deuxième place. Enfin, Seas the Opportunity (Université Âé¶¹´«Ã½ÍøÕ¾) a remporté le premier prix grâce à son cadre de coopération triangulaire entre le Bangladesh et le Sri Lanka.


Initiative de croissance durable (ICD)

L’ICD vise à trouver des solutions pratiques, constructives et concrètes aux principaux problèmes qui font obstacle à une croissance durable. Lancée en 2022, l’ICD est actuellement le fruit d’un partenariat avec la Faculté de droit, le Département de science économique, l’École de politiques publiques Max Bell, le Département de génie mécanique et le Département de géographie.

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