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Nouvelle clinique de dépistage dentaire à Lachine visant à réduire les écarts en santé buccodentaire

La Faculté de médecine dentaire et des sciences de la santé orale et le CIUSSS de l’Ouest‑de‑l’Île‑de‑Montréal unissent leurs forces pour lancer un projet pilote destiné aux populations défavorisées

Dans une optique d’amĂ©lioration de l’accès aux soins buccodentaires pour les populations dĂ©favorisĂ©es de MontrĂ©al, la FacultĂ© s’est associĂ©e au CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-MontrĂ©al (CIUSSS ODIM) pour lancer Dent mon PSL, une clinique pilote de dĂ©pistage dentaire au Point de service local (PSL) - Lachine. Conçu par la Dre Elham Emami, doyenne de la FacultĂ© de mĂ©decine dentaire et des sciences de la santĂ© orale de l’UniversitĂ© Âé¶ą´«Ă˝ÍřŐľ et spĂ©cialiste des soins de première ligne intĂ©grĂ©s, en collaboration avec Saadia Marfouk, directrice de la vaccination et du dĂ©pistage, de la santĂ© publique et de la responsabilitĂ© populationnelle du CIUSSS ODIM, et dirigĂ© sur place par la Dre Christine Yea, dentiste mobile active et membre de la FacultĂ©, cette initiative vise Ă  repĂ©rer les personnes ayant besoin de soins buccodentaires et Ă  les orienter vers des ressources appropriĂ©es, notamment la Clinique d’enseignement des Ă©tudiants de premier cycle de la FacultĂ©. Il s’agit du deuxième projet d’intĂ©gration de soins dentaires aux soins de première ligne que rĂ©alise la FacultĂ©. Le premier Ă©tait la clinique Dent ma maison, qui fournit des soins buccodentaires aux personnes âgĂ©es Ă  domicile.

Le projet est connu du public et du CIUSSS sous le nom de « Programme de soins buccodentaires du PSL – Lachine ». « Ce partenariat reprĂ©sente un modèle exemplaire d’intĂ©gration des services dentaires Ă  l’échelle de la population et illustre une collaboration fondĂ©e sur la complĂ©mentaritĂ© des expertises, dĂ©clare Saadia Marfouk. Âé¶ą´«Ă˝ÍřŐľ apporte son expertise acadĂ©mique et clinique, et le CIUSSS offre le cadre communautaire et organisationnel. » La Dre Emami abonde dans le mĂŞme sens : « La FacultĂ© s’est engagĂ©e Ă  servir les communautĂ©s locales, et ce partenariat avec le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-MontrĂ©al au PSL – Lachine nous donne une belle occasion de concrĂ©tiser cet engagement. Nous avons la chance de travailler avec une Ă©quipe ouverte d’esprit et avant-gardiste qui nous permet d’aider encore plus de MontrĂ©alais et MontrĂ©alaises », prĂ©cise-t-elle.

Ouverte depuis juillet 2025, la clinique de dépistage dentaire est répertoriée sur la plateforme Clic Santé, ce qui permet aux patients de prendre rendez-vous en ligne. Le dépistage n’est pas un examen dentaire complet; il permet de déterminer l’admissibilité des patients aux soins offerts à la Clinique d’enseignement des étudiants de premier cycle ou dans d’autres cliniques communautaires. « Le service doit demeurer simple et local, explique la Dre Yea. L’objectif est de déterminer si les patients peuvent recevoir des soins prodigués par nos étudiants à la Clinique d’enseignement des étudiants de premier cycle. Si ce n’est pas le cas, nous les orientons vers un établissement qui correspond mieux à leurs besoins, comme une clinique d’hygiène dentaire dans un cégep. Le service de dépistage est offert gratuitement et, si les patients y sont admissibles, les services de la Clinique d’enseignement des étudiants de premier cycle le sont également. »

A woman with black shoulder-length hair tied up in a bow smiling. She is wearing round glasses with metal frames and a yellow top with colourful geometric print collar.
Dr Christine Yea

En ce qui concerne l’emplacement de la clinique, « le PSL – Lachine s’est naturellement présenté comme l’option la plus pertinente », fait remarquer Saadia Marfouk. « Son ancrage marqué au sein de la communauté » en fait le lieu idéal pour lancer une clinique de dépistage dentaire. L’objectif est clair : offrir « un accès facilité, bienveillant et sans frais aux soins buccodentaires de base » dans un milieu de santé intégré où la patientèle se sent en confiance. L’équipe du CIUSSS ODIM a travaillé fort pour que le niveau de soins et d’attention qu’elle offre dans ses services existants du PSL – Lachine se reflète dans la mise en œuvre de ce nouveau projet pilote.

La clinique joue déjà un rôle essentiel dans la communauté, en particulier auprès des personnes nouvellement arrivées au Canada. « La patientèle est principalement composée de personnes qui sont ici depuis peu ou qui n’ont pas de régimes privés de soins dentaires et qui passaient jusqu’à maintenant entre les mailles du filet du système public », indique la Dre Yea. Beaucoup ignorent qu’ils sont admissibles à des programmes gouvernementaux, comme le Régime canadien de soins dentaires (RCSD). « Notre équipe d’accueil accompagne chaque patient afin d’évaluer son admissibilité aux programmes en place – le CDCP, le Programme fédéral de santé intérimaire ou d’autres dispositifs selon sa situation », précise Saadia Marfouk. « C’est l’un des “effets secondaires” du projet : des patients découvrent qu’ils ont droit à certains services. Nous les aidons donc de bien des façons », ajoute la Dre Yea.

Pour illustrer le pouvoir transformateur de l’accessibilité aux soins de santé, la Dre Yea raconte l’histoire d’une jeune patiente qu’elle a récemment soignée pour une dent cassée au PSL – Lachine. « Elle s’était présentée dans une clinique privée, mais comme elle n’avait pas d’assurance, elle n’a pu se payer qu’un examen. Quand on lui a présenté le plan de traitement, elle a vite compris qu’elle ne pourrait pas se le permettre. Faute de moyens, elle ne pouvait même pas demander qu’on lui arrache simplement sa dent. » Quand la Dre Yea a informé la patiente qu’elle pouvait être soignée gratuitement à la Clinique d’enseignement des étudiants de premier cycle, elle était « si heureuse qu’elle en pleurait. »

Pour la Dre Yea, cette histoire confirme la réussite du projet. « Aider ne serait-ce qu’une seule personne, c’est déjà une grande victoire », souligne-t-elle. Mais la clinique fait déjà bien plus que cela : les plages de rendez-vous se remplissent rapidement et le nombre de patients que les organismes locaux dirigent vers elle a explosé. Des personnes qui n’avaient pas reçu de soins buccodentaires depuis des années en raison d’obstacles financiers ou systémiques ont désormais accès à des examens de base et à des plans de traitement. « Les patients expriment énormément de gratitude. Pour plusieurs, c’est la première fois qu’ils peuvent consulter un dentiste sans craindre le coût. Cela a un impact direct sur leur qualité de vie et leur dignité », explique Saadia Marfouk.

Les projets pilotes servent à évaluer la viabilité d’un projet avant une mise en œuvre à plus grande échelle. De par leur nature, ils permettent un apprentissage par l’expérience et posent des défis qui poussent à innover, et c’est précisément le but de ce projet collaboratif. Comme le dit la Dre Yea, « nous gardons les yeux bien ouverts pour voir tout ce que nous pouvons corriger et améliorer pour la phase suivante ». Saadia Marfouk souligne que, jusqu’à présent, le projet met en évidence « une coopération remarquable avec l’équipe des services de vaccination et de dépistage, de santé publique et de responsabilité populationnelle du CIUSSS ODIM qui démontre clairement ce qu’un accord efficace peut générer : des résultats concrets sur le terrain, un dialogue fructueux entre les acteurs impliqués et des progrès notables dans l’accès aux services buccodentaires pour les personnes en situation de fragilité. »

Le projet pilote Dent mon PSL témoigne de ce que les autorités sanitaires et les établissements universitaires peuvent accomplir lorsqu’ils s’unissent autour d’une vision commune. La Faculté souhaite reproduire ce modèle et en étendre la portée afin que les soins buccodentaires soient reconnus comme un élément fondamental de la santé globale, et non comme un luxe. En outre, le Programme de soins buccodentaires vient appuyer les objectifs du CIUSSS : « En rendant les soins buccodentaires accessibles à tous, en particulier aux personnes marginalisées, nous favorisons l’équité en matière de santé et réduisons la pression sur les urgences. C’est une façon concrète d’optimiser les ressources et d’améliorer la santé globale de la communauté », ajoute Saadia Marfouk.

La doyenne de la Faculté félicite toutes les personnes qui contribuent au succès du partenariat. « Leur dévouement et leur esprit collaboratif ont déjà permis d’améliorer la vie de beaucoup de gens. Nous sommes fiers de travailler avec l’équipe du PSL – Lachine à ce projet pilote d’intégration des soins buccodentaires aux soins de première ligne. »

Bien que le partenariat soit encore relativement jeune, la Dre Yea estime que les résultats sont encourageants, et elle est enthousiaste à l’idée de le déployer à plus grande échelle. « Si chaque PSL offrait un service de dépistage – peut-être même un service d’examen, voire de nettoyage –, cela signifierait que toute la population aurait accès à des soins dentaires. Imaginez une pratique dentaire différente, qui aide les communautés et les populations défavorisées. Ce serait merveilleux! »

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